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Posted: Aug 4, 2020 @ 5:41pm
Updated: May 11 @ 6:05pm

Les jeux de course ne sont pas mon genre préféré, même si j'aime beaucoup "Super-Hang On", "OutRun", "Rad Racer", les Mario Kart, F-Zero... mais j'ai eu un coup de cœur pour "Slipstream".

"Slipstream" a beaucoup changé depuis sa sortie en 2018: au départ, il donnait l'impression (fausse) de copier le "OutRun" de 1986, mais au fil des mises à jour, il a assumé toujours plus ouvertement son affiliation avec "OutRun2" (devenu ensuite "OutRun 2006: Coast 2 Coast"), pour au final offrir un équilibre au gameplay beaucoup plus technique et nerveux que celui de "OutRun", mais à l'ambiance beaucoup plus planante et nostalgique que celle de "OutRun2".

Le rendu graphique de "Slipstream" montre bien cette ambivalence entre rétro et modernité: il reprend la technique "super scaler" de "OutRun", mais avec une fluidité parfaite, sans baisse de résolution pour les objets lointains, et en inclinant l'angle de vue lorsqu'on négocie un virage. Tout cela peut se changer dans les options: si on le désire, on peut basculer "full retro" en n'inclinant pas l'image, en la pixelisant, en ajoutant un filtre CRT et en limitant la fluidité à 30fps, mais ce serait dommage - avec les paramètres par défaut, le jeu est magnifique, mêlant harmonieusement le pixel art et la HD.

Dans son mode principal ("Grand Tour"), "Slipstream" propose la même structure ouverte que "OutRun": après avoir fini une course, on peut choisir la suivante en allant à gauche ou à droite à une fourche, pour quinze courses principales en tout. Le jeu s'arrête si l'on arrive à cours de temps (compteur en haut à droite), le temps se rallonge à la fin de chaque course comme dans le jeu de SEGA. Les contrôles sont simples: on peut manœuvrer latéralement, freiner, accélérer, et (ajout tardif) presser un bouton pour rembobiner l'action et corriger une erreur de conduite (une jauge à gauche de l'indicateur de vitesse en bas à droite indique quand le rembobinage est disponible, cette action doit se recharger entre chaque utilisation).

Même si ses contrôles sont simples, Il vaut mieux passer par le tutoriel de "Slipstream" pour bien apprécier le jeu, son gameplay entier reposant sur deux mécaniques: le dérapage et le slipstream. On dérape en freinant d'un petit coup sec puis en accélérant de nouveau aussitôt alors que l'on prend une direction, et le slipstream est l'aspiration - quand on suit un véhicule, on ne subit plus les frottements de l'air, et on gagne donc en vitesse. Ces mécaniques ne sont pas originales, elles sont également à la base de "OutRun2", mais "Slipstream" les exploite de façon encore plus serrée: tous ses circuits, sa physique, son rythme, son IA, sa technicité et sa difficulté reposent sur elles, il y a une épure qui rend le jeu plus brut, plus direct, plus excitant, et l'apparence rétro de "Slipstream" rend également l'ambiance plus attachante.

"Slipstream" est typiquement un jeu "simple à comprendre mais difficile à maîtriser", qui est le principe que j'apprécie le plus dans les jeux d'action ou les jeux de puzzles. Partie après partie, on se familiarise toujours plus avec les mécaniques du jeu, suivant une courbe d'apprentissage extrêmement valorisante qui nous conduit jusqu'à un état de concentration extrême.

Sur la forme, "Slipstream" a une personnalité qui va au-delà de son style graphique: le mode "Grand Tour" ne singe pas exactement "OutRun", le temps n'y est pas une grosse contrainte, l'objectif principal y est en fait de battre des "rivaux" (tous des caricatures des années 1980: il y a le golden boy, la fashion victim, le cyborg, la fille gothique) qui réagissent aux événements de la course - ce ne sont pas juste des voitures avec une étiquette comme dans "OutRun2". Plus on progresse, plus les rivaux sont difficiles à battre, leur caractère est bien pensé et les différentes courses ont des paysages variés et bien conçus, avec énormément de charme. Les musiques sont elles aussi typées "années 1980" et très réussies - tout se combine idéalement, on sait que l'on joue à "Slipstream" et pas à un autre jeu.
La course avec les rivaux est encore plus agréable depuis que les mises à jour du jeu l'ont débarrassé d'une vieille astuce du genre: le "rubber banding", la façon magique avec laquelle les concurrents arrivent toujours à nous tourner autour dans un jeu de course même si l'on est censé les avoir très largement distancés. Ici, les comportements de nos adversaires semblent bien plus naturels.

En plus de tout cela, "Slipstream" est généreux en contenu: en dehors du mode "Grand Tour", on peut concourir à un "Grand Prix" classique de cinq circuits (il y a quatre prix différents, dont un constitué de circuits bonus, pour un total de vingt circuits) où l'on peut personnaliser sa voiture en fonction de son classement (dans les autres modes, on choisit sa voiture parmi cinq en début de course, chacune avec des équilibres différents), un mode "Cannonball" où l'on doit remonter les concurrents (avec ou sans rivaux), une "Battle Royale" où les retardataires sont éliminés petit à petit, un "Time Trial" où l'on conduit contre la montre, des modes multijoueurs, et on peut choisir de concourir chaque mode selon différentes classes, "light", "medium" et "heavy" (léger, moyen, lourd), copiant celles de Mario Kart. On peut aussi chercher à remporter des succès plutôt bien pensés, et on peut choisir de jouer les courses à l'envers (pas en miroir, à l'envers, ce qui change tout).

"Slipstream" reste très accessible malgré sa technicité, j'ai toujours gardé plaisir à l'explorer jusque dans ses moindres recoins pour le battre à 100% sans frustration excessive ni sentiment de perdre mon temps, les mises à jour ont rendu sa conduite très plaisante et fluide. D'ailleurs, je dois dire que le contraste avec "Horizon Chase Turbo" (autre jeu de course "rétro" récent) est frappant: ce dernier, malgré ses qualités, semble à comparer fade et répétitif, comme si ses circuits avaient été créés à la chaîne, alors que "Slipstream" est fait "sur mesure" tant dans ses circuits (que l'on apprend à connaître comme une route d'un patelin de son enfance) que dans ses mécaniques.

Plus qu'un bon jeu, "Slipstream" est un jeu pour lequel on apprend à avoir de l'affection, ce qui n'est pas si courant, et un jeu auquel on revient souvent pour le plaisir.
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