8 people found this review helpful
Recommended
0.0 hrs last two weeks / 16.3 hrs on record (8.3 hrs at review time)
Posted: Jul 25, 2018 @ 7:44am
Updated: Jul 15, 2021 @ 11:08am

Je ne m'attendais pas à m'amuser autant avec "Ultimate Doom".

Après avoir rejoué à "Dark Forces", qui est en très gros "Doom dans l'univers de Star Wars" et dont j'ai pensé le plus grand bien, je me suis dit qu'il était temps que je comble enfin une de mes graves lacunes: je n'avais en effet jamais joué au "Doom" original. Grâce à cette édition "Ultimate" récemment mise à jour (septembre 2020) pour tourner sous un moteur graphique moderne et être plus ergonomique, et vendue à un prix raisonnable sur Steam, une négligence vieille d'un quart de siècle vient d'être corrigée.

J'avoue qu'au tout début, venant de jouer à "Dark Forces", j'ai pris "Doom" pour une version primitive du jeu de LucasArts, comme un "brouillon" bourrin et superficiel, mais en fait il a sa propre profondeur, et surtout, les jeux sont en réalité très différents: "Dark Forces" est très immersif, il incorpore une histoire, des objectifs, des puzzles minutieux qu'il faut résoudre à chaque fois que l'on rejoue au niveau correspondant, des missions qui peuvent être longues quand on ne les connaît pas bien, etc. Le jeu exige ainsi un certain investissement et ne se prête pas à être fréquemment joué et rejoué "juste pour le plaisir".

À comparer, "Doom" est plus abstrait, plus libre et plus "brut" dans ses mécaniques ludiques et dans le plaisir qu'il procure, avec un level design de labyrinthe ouvert qui évoque davantage les arènes "arcade" de "Alien Syndrome" qu'une campagne solo de FPS moderne. "Doom", c'est l'amusement immédiat et sans engagement, on peut y jouer au moindre petit créneau de temps disponible sans se soucier d'un quelconque contexte, et on peut le quitter n'importe quand grâce au système de sauvegarde libre (que n'a pas "Dark Forces", où l'on doit jouer à un niveau du début à la fin).

En plus de ce côté "allez, je vais me faire un petit Doom" qui fait que l'on y joue comme on cède à une gourmandise, "Doom" reste un jeu sacrément solide en matière de mécaniques ludiques. Après avoir battu sa première campagne (le jeu en comporte quatre) au niveau de difficulté par défaut, je n'étais pas convaincu par son gameplay, mais après avoir continué d'y jouer en difficulté "Ultra-Violence" puis m'être frotté au niveau "Nightmare", j'ai réalisé que le rôle des réflexes, du positionnement, de l'anticipation, du choix des armes, de la gestion des munitions, etc. y étaient diablement bien pensés. De plus, le jeu se prête à se fixer soi-même des défis, augmentant la rejouabilité: explorer toute la carte, débusquer tous les passages secrets, gagner le plus vite possible (il y a un "par" qui sert de repère par mission), ne jamais sauvegarder, ignorer telle ou telle arme, etc.

Pour ce qui est des graphismes et de l'ambiance, j'ai été frappé par l'efficacité du jeu et sa capacité à créer des cadres nettement distincts avec pas grand-chose. Le nouveau moteur du jeu est parfait, conservant le charme du moteur original sans ses aspects les plus repoussants.

"Ultimate Doom" a été pour moi une très bonne surprise, je ne m'attendais pas à ce qu'un jeu en 3D de 1993 puisse aussi bien vieillir, et je comprends mieux l'engouement qu'il a suscité à sa sortie et qu'il suscite encore: "Ultimate Doom" est un très grand classique auquel tout le monde devrait avoir joué.

Ceci étant dit, et pour anticiper sur un produit annexe, je dois ajouter que je suis bien moins enthousiaste pour "Doom II", qui commet à mon avis les mêmes erreurs que la dernière campagne de "Ultimate Doom", "Thy Flesh Consumed": en gardant l'exact même moteur tout en voulant concurrencer des FPS modernes en "vraie" 3D, "Doom II" a compliqué à outrance son architecture avec des ennemis qui nous canardent hors-écran puisque placés trop haut ou trop bas sans que l'on puisse lever ou baisser la tête, et propose un défi postulant que l'on sauvegarde toutes les cinq secondes, adorant par exemple nous surprendre en ouvrant des panneaux secrets derrière nous pour que des hordes d'ennemis invisibles nous attaquent dans des décors trop sombres. Tout l'amusement nerveux typique de "Doom" est annihilé par ce design surchargé et punitif, mais je suis plutôt heureux de cette expérience, puisque cela a encore davantage fait ressortir les qualités du jeu original, décidément incontournable.
Was this review helpful? Yes No Funny Award